NOËL !

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NOEL!

        

Nous célébrons Noël le 25 décembre…Cette date conventionnelle correspond au solstice, un symbole qui est un pari spirituel sur l’avenir: celui de la lumière montante, surtout celle de la Parole de Dieu qui va de plus en plus éclairer la vie des hommes dans le monde entier, pour autant qu’ils accueillent librement cette lumière…

         La Nativité est certainement la fête chrétienne la plus populaire, la plus attachante, et d’ailleurs, le nombre de traditions qui se sont multipliées au cours des siècles témoignent de son impact populaire, au nord, comme au sud.

Certes, nous savons que la fête de Pâques est la plus importante dans l’année liturgique, mais sans l'évangile de Noël, l’incarnation n’aurait pu aller à son terme qui a abouti à la mort-résurrection du Christ. Ainsi nous est dite l’espérance des croyants ; et c’est une bonne nouvelle pour aujourd'hui, qui accomplit ce que déjà Isaïe annonçait à tous les découragés : un fils nous est donné, un enfant nous est né, promesse d'avenir et de salut pour ceux qui attendent un monde renouvelé. 

L’actualité nous le rappelle, nous vivons dans un univers tourmenté et difficile. Bien souvent, les souffrances apparaissent plus pesantes que les joies, et dans tellement de situations humaines, on a cette impression que les ténèbres l'emportent sur la lumière…Le mal s’affiche et le bien se fait discret.

Le vrai message de Noël, ne l’oublions pas, c’est que la gloire de Dieu a voulu être définitivement liée au bonheur des hommes sur cette terre et dans le monde à venir. St Irénée de Lyon a dit : « qu’est-ce que la gloire de Dieu ? la gloire de Dieu, c’est l’homme vivant ! » Noël témoigne ainsi de la confiance que Dieu a exprimée en notre humanité : en s’incarnant, il accepte de se vouer corps et âme au destin des hommes. Malgré les résistances, cet amour de Dieu manifesté en Jésus s’est confronté à notre humanité fragile et blessée par le mal. Voilà pourquoi l’évangile de Noël ne reste pas extérieur à nos situations humaines. Noël n'est pas un conte de fin d’année pour attendrir les enfants : célébrer Noël, c'est accueillir la confiance que Dieu a mise en nous malgré toutes nos limites. La fête de la Nativité annonce et réactive chaque année un processus de recréation du monde déjà commencée.

La réalité concrète de la naissance de celui que les prophètes appelaient l’Emmanuel, Dieu avec nous, est bien loin des images pieuses et des lueurs artificielles qui entourent les festivités de fin d’année. L'enfant né à Bethléhem de Judée, pays des Juifs, est né il y a 2000 ans dans le dénuement total. La tradition nous le montre entouré d’animaux, pour nous faire comprendre qu’avec lui, la création repart sur de nouvelles bases. Le Dieu éternel et invisible s’est incarné en cet enfant juif pour nous faire comprendre qu'il n'est pas une divinité lointaine mais qu’il rejoint notre condition temporelle ici-bas pour nous parler « de l'intérieur » de notre humanité.

         A l'heure des grandes stratégies économiques et politiques dans le monde, il est réconfortant de réentendre la vérité profonde du message de Noël, une promesse de paix authentique. Puisque nous vivons à l'heure d’internet et des communications intercontinentales, nous pouvons aussi nous demander, pour une fois, comment les non-chrétiens perçoivent notre célébration de Noël : regardons brièvement ce que disent de Noël les juifs, les hindouistes, les bouddhistes, les musulmans et les sans-religion.

         Pour les juifs : il faut d'abord comprendre qu’il s’est produit une séparation à partir du 1er siècle entre des communautés issues du même tronc hébraïque, et l’Eglise s’est peu à peu détachée de la synagogue. Par la suite, durant des siècles, les fils d'Israël ont subi de terribles violences de la part des chrétiens. Dans ce contexte hostile, les juifs ont perçu la personne de Jésus comme la source de leurs malheurs. Cependant, depuis Vatican II et les changements doctrinaux survenus dans les Eglises chrétiennes à l'égard du judaïsme, de plus en plus d'intellectuels juifs se sont mis à lire les évangiles rédigés dans des termes familiers. Un certain nombre d’entre eux a reconnu en Jésus un éminent rabbi porteur de la tradition biblique et pour eux, Noël est la célébration d'une grande figure du peuple de l’alliance.

Les hindous, croient que le divin se manifeste en de multiples personnages de qualité transcendante. Jésus représente donc pour eux un « avatar », une manifestation du divin particulièrement expressive: c'est un yogi, c'est à dire un sage qui a réalisé son unification en accomplissant la voie de la compassion et de la dévotion. Noël est pour eux une fête célébrant un visage respectable du divin parmi d'autres grandes figures sacrées.

         Les bouddhistes ne croient pas en un Dieu créateur et personnel et pour eux, le salut final de chacun à la fin des réincarnations consiste à être comme une goutte d’eau qui disparaît dans l’océan infini du nirvana. Mais ils voient dans l'enseignement de Jésus des convergences étonnantes avec la sagesse de Bouddha: en particulier dans le détachement, l'accueil de l'autre, la non violence et la compassion. Noël est pour eux l'occasion de reconnaître un grand maître de sagesse qui incite à l'éveil des consciences.

         Les musulmans célèbrent la fête du mouloud comme mémoire de la naissance de leur prophète Mahomet. Le Coran, qui pour nous n'est pas une Ecriture inspirée, évoque de très loin Jésus à travers un personnage dénommé Issa et sa mère Myriam. Mais ce Jésus-là n’est pas celui de l’évangile, c’est un prophète musulman, qui ne correspond en rien à la Parole de Dieu faite chair des chrétiens. Car pour l'islam, Jésus n'est jamais mort sur une croix, et surtout il n'est pas Fils de Dieu. Il ne peut donc pas y avoir de regard musulman positif sur le Noël des chrétiens, puisque le Coran se veut le remplacement des Ecritures juives et chrétiennes qui l'ont précédé.

         Ces regards différents sur la Nativité nous invitent à ne pas perdre de vue le fait que nous vivons dans un monde aux multiples religions et aux cultures diverses. Cependant, l'espérance pacifique de Noël ne doit pas nous faire banaliser les différences de convictions, au contraire, nous devrions être conscients que, chrétiens présents dans nos sociétés, nous sommes minoritaires. Ce qui devrait nous stimuler à approfondir et fortifier notre foi, pour en témoigner sereinement et sans tiédeur autour de nous.     

         En contemplant la crèche de Bethléhem, rappelons-nous que pour nous approcher de Jésus, il nous faut côtoyer les humbles bergers, ces membres du peuple d'Israël qui ont entendu les premiers la bonne nouvelle dans la nuit. Il nous faut aussi croiser les mages, ces personnages venus de loin, et qui ont tenu à s'incliner devant cette royauté unique si différente des autres. Le règne de Dieu est celui de la justice, de la paix, et de la vérité.

         C'est peut-être cette attitude qui nous est proposée en ce jour de Noël: être d'une part plus proches de la tradition des bergers d’Israël, et être d'autre part capables de côtoyer avec bienveillance et discernement des personnes aux conceptions très différentes des nôtres. Notre époque est marquée par le relativisme et l’illusion que toutes les religions se valent.

Face à ces défis, cherchons à mieux approfondir notre foi enracinée dans la tradition biblique pour vivre en cohérence avec nos convictions et témoigner du Christ aujourd’hui. Ainsi notre vie pourra elle aussi exprimer le chant angélique de la nuit de Noël : gloire à Dieu et paix sur terre!

        

         Abbé Alain René Arbez     

Commentaires

  • « ..... le Coran se veut le remplacement des Écritures juives et chrétiennes qui l’ont précédé »

    On appelle cela : « Lève-toi que je m’y mette » Tout comme aujourd’hui avec ce même culot légendaire!
    Il faut le rappeler: L’Islam est né au VIIe siècle APRÈS Jésus-Christ... et sans aucune racine pour l’assoir que le razzia des Ecritures arrangées avec la sauce islamique dans la jalousie et la haine des Juifs et des Chrétiens allant jusqu’a Les tuer au nom de « leur dieu » Allah? Un dieu de la mort en somme!?
    Monsieur l’Abbé! Éclairez moi.... Comment une telle chose ait pu arriver? Deux religions se font proscrire, bannir et rejeter de Dieu, par des intrus, SEPT SIÈCLES après la naissance de la deuxième religion qu’est le Christianisme, sans réagir!? Merci pour la réponse!

  • Corr: « La razzia.... » naturellement!

    Merci pour la correction.

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